Almanach janvier 2011

•janvier 3, 2011 • Laisser un commentaire

Lundi 3 janvier 2011
Sainte Geneviève
Soleil : lever : 08h43 / coucher : 17h06
Lune : lever : 08h01 / coucher : 16h18

J’ai travaillé le 1er janvier et quelques jours avant.
En ce jour-repos, j’entends la reprise du travail à la radio.
En ce jour-repos, je regarde l’aube blonde.
Que c’est bon, parfois,
De vivre à côté du monde.

Publicités

Tunisie

•décembre 31, 2010 • Laisser un commentaire

Et cet air
Le soleil de 13 h
Resplendit
Et le jour est blanc
Comme les nuits sont noires.
Et cet air
Qui de bord à bord
Fait tanguer la sieste.
Les silhouettes derrière
Les persiennes
Font raisonner
la Tunisienne.

Air sans poudre
Soleil sans foudre
Et cet air
Sans étouffement
Sans canicule
Air clair
Bois du oud
Et cet air marin qui plisse
le Golfe de Tunis.

Et cet air
Menthé
Au Sidi Chabaane
Et cet air
De pignons grillés
Ni le corps, ni l’âme
En panne.
On reprends le corps à corps
Avec l’horizon
Bleu, bleu,
Comme les falaises sont rouges.

Et cet air
Qui fredonne
Dans ma tête
De jour en jour
De lendemain
En lendemain
« Je suis sur le continent africain ».

Et cet air
Plein de sable
Et de poussière
Comme un fil à la patte
Collé au coffre de la
Fiat.
Comme des aimants
Roues collées
Sur la route de Kairouan.

La grande Mosquée
Et cet air suspendu
Le rayonnement
Des prières.
On virerait bien
Les hordes de touristes
Et que palpite
Cet air peut-être
Derrière les portes
De bois de cèdre.

Et cet air
Epicé de cette sauce
Qui s’évapore
Sous le palais.
La déflagration
A la surface du visage
Les larmes qui coulent
Sur la page
Couleur brique,
Avant de gober
HOP
L’oeuf dans la brick.

Et cet air
Pluvieux,
Nuages gris
qui peuplent l’amphithéâtre.
Et la rue
Terrasse de café
A l’heure du foot.
L’odeur de pluie
Que soulève la poussière.
Et l’air des fleurs
Ici même
Dans les rues boisées
d’El Jem.

Je me faufile
Dans le train de banlieue
Tunis – Sidi Bou Saïd
Et cet air
De voyage quotidien
Raisonne de main
En main.
Et les rues, les voies,
Les grilles, les arrêts,
Les bâtiments de pierre,
Je rentre dans
La maison de mon frère.

Et cet air sec
Qui bat le linge
Sur la terrasse
Oui, sec
En 25 minutes.
Terrasse d’où
On domine
Toute la ville
Son dédale,
Ses rues,
Ses mosaïques.

Et cet air
Acre, coincé
Dans mes narines,
De la laine des tapis
Et des fleurs jasmines
L’écoulement gras des pétales blancs.
Dans cet air marin
Qui plisse
Le Golfe de Tunis,
Qui plisse
le Golfe de Tunis.

Almanach décembre 2010

•décembre 19, 2010 • Laisser un commentaire

Dimanche 19 décembre 2010
Saint Urbain
Soleil : lever : 08h40 / coucher : 16h55
Lune : lever : 15h13 / coucher : 06h49

Alerte orange continentale _ Dissoute par la Loire _ En tempête océanique

 

«Du trafiquant de rêves que voulez vous?» Vase communicant avec Ana NB

•décembre 3, 2010 • 2 commentaires

Le quatre décembre mille neuf cent quatre vingt onze j’ai reçu un courrier de New-York contenant un étrange message.Non c’est faux,enfin pas complètement,j’ai bien reçu une carte postale de New-York avec quelques mots et une signature illisible.Puis durant un an un nombre considérable de lettres d’un certain Etonnant Esteban qui cherchait par le monde à déposer une boule de terre provenant d’une ville s’appelant Dieu le Garde.Cette boule de terre contenait un mystère dont lui même ne connaissait pas la valeur.Cette correspondance sans échange,Etonnant Esteban ne me donna jamais son adresse cessa brutalement avec, je  recopie, ces derniers mots:Entre la vie et le songe, le jour s’achève, du trafiquant de rêves que voulez vous ?

Ses dernières lettres provenaient d’Espagne.Etonnant Esteban me racontait son arrivée à Port Bou. «Sur le quai des départs,un garde civil intrigué par l’énorme sac rouge déposé à ses pieds lui demanda de l’ouvrir«Je refusai,lui dit que c’était là quelques bricoles pour ma famille, mais devant son insistance je dus l’ouvrir.Etonnant Esteban avait dessiné la boule de terre de Dieu le Garde. Une boule oui,ça en avait la forme,énorme oui,mais une boule de terre non pas noire mais bleue.

Le garde civil,racontait t’il,humecta un de ses doigts,le passa sur une surface infime de la boule de terre,fit une grimace et disparut.Le garde civil ne pensa pas à l’intérieur de la boule.  «Double trouble» écrivait Etonnant Esteban, «étrange,cette tête de faux capitaine aux yeux de barbare».Dans une autre lettre,j’appris qu’il se dirigeait vers Blanes pour commettre son fait,déposer la boule de terre de Dieu le Garde «dans un sable doré par l’or de la nuit,bordé par le rythme en boucles des vagues,le ravissement béat des touristes français allemands autrichiens»,suivait l’alignement d’une centaine de nationalités.«Ici, je suis là, et non pas ici, voyageur silencieux avec comme seul objet,enfuir un peu de terre adoptée à un peu de terre oubliée,un éclat de terre bleue et la nuit effacera les couleurs de l’orage.»

Je restai une semaine sans nouvelles.Un matin je reçus ce message très bref «  Je bois un café con leche au café de la gare de Port Bou »

Puis deux jours après,je lus ceci «Comment considérer cet homoncule comme un simple animal curieux? La poésie c’est never complain never explain. Toute tête dépassant de l’autre rive doit être coupée».Etonnant Esteban m’expliquait ensuite comment,après son café con leche,il partit à pied vers la montagne pour «accomplir l’ultime geste achevé dans la nuit des nuits bordée du chant des étoiles.Gravir le sentier aux dentelles de forêt,écouter le crissement des cailloux blancs aux écritures invisibles,esquiver le frôlement du vent épais d’hiver,écarter le croisé de jeunes branches,pénétrer dans le silence et l’ivresse du vide,ouvrir la bouche et laisser s’échapper les mots,tous les mots de la vie».Je me souviens,je me souviens de cette dernière phrase,d’avant la montagne,d’avant la jetée de la boule de terre de Dieu le Garde dans l’immensité du bleu,«Entre la vie et le songe, le jour s’achève, du trafiquant de rêves que voulez vous ?»

De certaines lettres,je recopiais les phrases qui me surprenaient,«les reflets de l’ombre si légers dans l’œil d’or»,«l’homme qui fuit son regard dans l’instant»,«Le jour efface la vision de l’infini»,«les poussières du pays lointain,futur du  rêve».Une dernière lettre arriva le premier jour de l’hiver mille neuf cent quatre vingt douze.Etonnant Esteban me décrivait la jetée de la boule de terre de Dieu le Garde,sa chute «étonnamment lente comme suspendue entre le passé le présent et le futur,elle descendait en spirales de plus en plus larges vers la profondeur maritime,se détachant du bleu du ciel par ses nuances infinies de bleu de tous les bleus du ciel et de la terre,approchant la surface lisse de l’eau Etonnant Esteban vit la boule de terre de Dieu le Garde «s’ouvrir et s’envoler des milliers de fleurs rouges aux longues tiges».Etonnant Esteban avait gribouillé au dos d’une note d’hôtel,sa silhouette noire entourée de multiples points rouges figurant l’envolée des fleurs.Il redescendit,se perdit sur le crissement des pierres blanches aux écritures invisibles,reconnut son chemin par la présence d’un arbre généreux  aux branches courbes.Il regagna son hôtel,«des nuages et puis soudain la pluie,je rentre demain» me disait il,«là où se dessinent les frontières du silence je retournerai».

Texte, collages/peintures: ana nb

J’accueille avec beaucoup de plaisir dans le cadre des vases communicants Ana NB, qui nous donne à voir et à lire une histoire nimbée de mystère, relation épistolaire poétique aux horizons incertains…
et vous pouvez consulter ma météo marine sur son très beau blog http://sauvageana.blogspot.com/

et aussi pleins de très beaux cadeaux à ouvrir avant Noël ci-dessous :

Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/ et Urbain trop urbainhttp://www.urbain-trop-urbain.fr/
François Bon http://www.tierslivre.net/ et Michel Volkovitchhttp://www.volkovitch.com/
Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/ce-qu-ils-disent-c138976 et Kouki Rossi http://koukistories.blogspot.com/
Anthony Poiraudeau http://futilesetgraves.blogspot.com/ et Clara Lamireau http://runningnewb.wordpress.com/
Samuel Dixneuf-Mocozet http://samdixneuf.wordpress.com/ et Jérémie Szpirzglas http://www.inacheve.net/
Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/ et Christophe Grossihttp://kwakizbak.over-blog.com/
Michel Brosseau http://www.àchatperché.net/ et Jean Prod’homhttp://www.lesmarges.net/
Lambert Savigneux http://aloredelam.com/ et Silencehttp://flaneriequotidienne.wordpress.com/
Olivier Guéry http://soubresauts.net/drupal/ et Joachim Sénéhttp://joachimsene.fr/txt/
Maryse Hache http://semenoir.typepad.fr/ et Cécile Portierhttp://petiteracine.over-blog.com/
Anita Navarrete Berbel http://sauvageana.blogspot.com/ et Landry Jutierhttps://landryjutier.wordpress.com/
Anne Savelli http://www.fenetresopenspace.blogspot.com/ et Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/
Feuilly http://feuilly.hautetfort.com/ et Bertrand Redonnethttp://lexildesmots.hautetfort.com/
Arnaud Maïsetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip et KMShttp://kmskma.free.fr/
Starsky http://www.starsky.fr/ et Random Songshttp://randomsongs.org/
Laure Morali http://lauremorali.blogspot.com/ et Michèle Dujardinhttp://abadon.fr/
Florence Trocmé http://poezibao.typepad.com/ et Laurent Margantinhttp://www.oeuvresouvertes.net/
Isabelle Buterlin http://yzabel2046.blogspot.com/ et Jean Yves Fickhttp://jeanyvesfick.wordpress.com/
Barbara Albeck http://barbara-albeck.over-blog.com/ et Jeanhttp://souriredureste.blogspot.com/
Kathie Durand http://www.minetteaferraille.net/ et Nolwenn Euzenhttp://nolwenn.euzen.over-blog.com/
Juliette Mezenc
http://www.motmaquis.net/ et Loran Barthttp://noteseparses.wordpress.com/
Shot by both sides http://www.shotbybothsides.org/ et Playlist Societyhttp://www.playlistsociety.fr/
Sourire du reste http://souriredureste.blogspot.com/ et Barbara Albeckhttp://barbara-albeck.over-blog.com/
Gilles Bertin http://www.lignesdevie.com/ et Brigitte Célérierhttp://brigetoun.blogspot.com/

Almanach novembre 2010

•novembre 28, 2010 • Laisser un commentaire

Dimanche 28 novembre 2010
Saint Jacques de la Marche
Soleil : lever : 08h18 / coucher : 16h58
Lune : lever : above / coucher : 12h59

Neige fondue _ fait perles étincelantes _ sur la fourrure féline

Amadis d’Orbigny, été suite

•novembre 20, 2010 • Laisser un commentaire

Les troupeaux de
Moutons,
Blancs,
Duveteux,
Se pressent et vagabondent,
Sautent par-dessus
Les cyrus…
Les nuages s’effilochent
Tissent leurs toiles
Diaphanes
D’autres s’étagent
En amphithéâtres
Vertigineux
Frappés par
Les éclats translucides
du soleil.
La symphonie du ciel
Répond au ballet
Des écharpes évanescentes ;
L’univers se reflète
Dans les lacs de lumière
Etendues lisses et larges,
Parsemées d’éclats
D’or,
D’argent.
Nous sommes au centre du monde.

 

Almanach novembre 2010

•novembre 11, 2010 • Laisser un commentaire

Jeudi 11 novembre 2010
Armistice 1918
Soleil : lever : 07h53 / coucher : 17h15
Lune : lever : 12h49 / coucher : 22h01

Journée sombre _ Eclairée par les fenêtres des maisons _ Pas d’été de la Saint-Martin

 

 
%d blogueurs aiment cette page :